Un mois après la prise de pouvoir médiatique des futures stars de la draft 2007, c’est au tour des quadras de faire la une. Dans un marché estival animé quasi-exclusivement par Boston, une poignée de futurs ex-retraités revient en grande pompe sur le devant de la scène. L’avènement de la nouvelle génération attendra : jamais les tontons flingueurs n’avaient été autant convoités.
Qui aurait cru il y a quelques semaines que Danny Ainge et Doc Rivers passeraient leur été à assembler les pièces d’un prétendant au titre ? Personne, pas même eux. Depuis l’arrivée providentielle de Kevin Garnett, Boston veut voir loin, mais n’a pas vraiment les armes. Les jeunes prospects accumulés depuis trois saisons ont tous déguerpi en trois semaines. De toute façon, on ne gagne pas avec des prospects. Miami l’a montré il y a deux ans, rien ne vaut des vétérans au bout du rouleau prêts à tout sacrifier pour une bague surchargée qu’ils ne porteront jamais.
Qui correspond mieux à ce profil que Reggie Miller ? Toujours placé, jamais gagnant, Miller avait déjà été au centre de rumeurs l’envoyant à Dallas la saison dernière. Cette fois-ci, ce sont les Celtics qui s’y collent. Entre incrédulité et enthousiasme débordant, les réactions sont mitigées. Evidemment. Pour un Gary Payton, il y a toujours un Karl Malone. Les ex-franchise players qui s’engouffrent dans cette voie savent ce qu’ils risquent. Ils savent également qu’un titre gagné en tant que role player ne leur apportera pas la même gloire que s’ils avaient été sacrés au sommet de leur art. Et c’est cela qui chagrine les fans.
Mais peut-on en vouloir à Reggie ? Peut-on lui reprocher de songer à endosser un autre maillot que celui de son club de toujours pour mettre la main sur l’objet qu’il a convoité si longtemps ? Non, d’autant que la vraie question n’est pas là. Est-ce vraiment à Beantown qu’il aura le plus de chances d’être champion ? A lui de voir. Sportivement, la situation est faite pour lui. En relais de Ray Allen et avec un temps de jeu et des responsabilités limités, Miller peut faire des ravages.
Tout comme son ancien rival aux Knicks, Allan Houston, poussé à la retraite par ses genoux en octobre 2005 et qui envisagerait sérieusement de revenir en NBA. Contrairement à Scottie Pippen l’année dernière, Houston n’a pas besoin d’argent, puisqu’il fait partie des heureux bénéficiaires de la pension spéciale « Knicks care » destinée aux estropiés millionnaires qui ont précipité la franchise new-yorkaise dans le gouffre. Il était même le deuxième joueur le plus payé de la ligue la saison dernière ! Probablement frustré de sa fin de carrière, Houston a déjà recommencé l’entraînement en solo. Il a même participé à une summer league à Big Apple. Dallas et Cleveland semblent être les premiers sur la piste, mais on ne voit pas quel prétendant au titre ne voudrait pas tenter sa chance sur le shoot le plus soyeux des dix dernières années.
Miami, peut-être. Pat Riley doit encore avoir en travers de la gorge le shoot victorieux de Houston au premier tour des playoffs 1999. Houston synonyme de mauvais souvenirs, Miller convoité par Boston, le Heat, soucieux d’entretenir la bonne réputation locale en matière de gériatrie, s’est donc tourné vers un autre arrière vétéran. Un énième ex-scoreur de haut vol qui a connu les affres d’une finale perdue avant de sombrer dans un quasi-anonymat à la suite de graves blessures. Penny Hardaway, un nom qui sonnait comme une révolution basket il y a dix ans et qui n’évoque aujourdh’ui qu’une carrière gâchée de plus. Anfernee connaît désormais les deux visages de la Floride. Et retrouve le Shaq, avec qui il a commencé sa carrière, et avec qui il pourrait bien la finir. Pourtant, s’il y a bien une équipe qui aurait besoin de jambes jeunes, c’est Miami. Shaq, Penny, Payton, Mourning, Walker, J-Will, voici un casting qui ferait moins tâche dans un top 10 de la fin des 90’s que sur un roster 2007. Dommage que Riley ait laissé partir Eddie Jones et n’ait pas réussi à sortir Nick Van Exel de sa retraite.
En parlant de retraite, voilà un mot que Dikembe Mutombo ne semble pas connaître. Peut-être qu’il s’est senti rajeunir depuis l’arrivée de Greg Oden. Toujours est-il que le bienfaiteur de l’ancien Zaïre, à 41 ans passés, intéresse fortement Boston, lui aussi. Soucieux d’apporter un peu de soutien à Kevin Garnett dessous, les Celtics jouent la carte Vermeil, une fois de plus. Mutombo, qui a surpris tout le monde lors de la blessure de Yao en dominant au rebond comme aucun quadragénaire avant lui, est avec P.J. Brown une cible prioritaire de Danny Ainge. Logique. Et maintenant que Phoenix lui a piqué Grant Hill, le GM des Celtics est allé faire un tour sur Copains d’Avant pour compléter son effectif. Alors, Terry Porter et Cedric Ceballos aux Celtics la saison prochaine ?