June 18, 2007...4:03 pm

Parker All-Star – Oui, mais…

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TP All-StarAlors que l’arrivée d’Allen Iverson à Denver semblait avoir sonné le glas des rêves de All-Star Game de Tony Parker, les coaches de la Conférence Ouest lui ont offert un strapontin pour Las Vegas. Un cadeau qu’il n’a pas démérité mais qui soulève bien des questions. Sauf à en lire les « grands » médias sportifs français…

    L’annonce a surpris le petit monde du basket. Logiquement écarté du cinq majeur de la Conférence Ouest à l’issue d’un vote des fans que sa douteuse campagne de propagande n’aura pu influencer, Tony Parker sera bien à Las Vegas. Pas pour frôler le ridicule avec un nouveau concert de rap, mais bel et bien pour fouler les parquets. Commençons par le féliciter. On ne peut objectivement lui contester sa place. Ses performances cette saison sont du niveau de celles qu’il affichait la saison dernière. S’il a baissé en régularité ces derniers temps, il reste un joueur majeur d’un prétendant au titre, et ce simple fait mérite la considération des coaches. Son niveau de jeu, et le contexte dans lequel il aligne ses performances le placent légitimement dans la liste des prétendants sérieux aux honneurs du All-Star Game. Mais n’en font pas un All-Star indiscutable.

    Cette dernière phrase risque de choquer plus d’un admirateur de notre TP national. Pourtant, elle n’indique en aucun cas qu’il ne mérite pas sa sélection. Elle vient juste rappeler au lecteur qu’une non-sélection aurait été tout aussi justifiable. Je comprends tout à fait que de tels propos puissent irriter notre fan lambda. La surmédiatisation autour de Tony Parker est telle qu’il est difficile de faire la part des choses. Surtout quand les principaux médias spécialisés rivalisent d’incompétence et de malhonnêteté journalistique. Les performances du meneur des Spurs ont toujours été mises en avant, quand elles n’ont pas tout bonnement été surestimées. Que ce soit dans un grand quotidien sportif, sur un site internet d’actualité sportive ou dans les colonnes d’un modeste mais populaire hebdomadaire spécialisé, la désinformation est devenu une religion lorsqu’il s’agit d’aborder le cas Parker. Pourquoi ne pas admettre qu’il est passé à côté de ses finales NBA, tant en 2003 qu’en 2005? Pourquoi ne pas mettre le doigt sur les points faibles de son jeu? Le faire n’aurait pas été un passage à tabac, contrairement à ce que pensent certains fans. Ne pas l‘avoir fait, par contre, est une faute professionnelle.

    Un journaliste se doit de rapporter les performances d’un joueur, mais également d’y apporter un regard critique. Dans le cas TP, cette obligation a été systématiquement et consciemment bottée en touche. Conséquence directe et inadmissible, on assiste depuis son arrivée en NBA à un matraquage collectif sur les extraordinaires performances du numéro 9. Ce qu’il a réalisé est extraordinaire, entendons-nous. Aucun doute là-dessus. Mais le crédit donné à certains de ses accomplissements a souvent été disproportionné. Quand on lit partout que les Spurs sont son équipe, on peut aisément finir par y croire. Pourtant, quel mal y aurait-il à admettre que San Antonio vit et meurt avec Tim Duncan, que le rôle de Manu Ginobili est indispensable, et que le coaching de Popovich est pour beaucoup dans la réussite des texans?

    Au panthéon de la mauvaise foi journalistique, l’édition 2007 du All-Star Game figure en bonne place. On a pu lire, par exemple, que sa probable non-sélection était due en grande partie à sa nationalité française. Ou que Chris Paul avait baissé de pied. Ou encore que Baron Davis et Deron Williams pointaient un étage en-dessous. Tous les moyens furent bons, soit pour crier à l’injustice, soit pour donner un caractère indiscutable à une sélection qui l’est bel et bien. La couverture affligeante à laquelle on a pu assister ces derniers jours est venue mettre un point d’exclamation à l’incompétence de supposés spécialistes du basket NBA. Parker sera à Las Vegas, mais il aurait tout aussi bien pu ne pas y être. Et il n’y aurait pas eu de quoi s’en plaindre. Car des absents, il y en a. Carmelo Anthony, par exemple, qui a payé très cher son absence mentale à New York. Le meilleur marqueur NBA aurait dû bénéficier de la Wild Card accordée à Tony Parker. Josh Howard le méritait tout autant que TP9. Marcus Camby, Deron Williams, la liste est longue. Faire passer sa sélection pour une évidence est un signe de mauvaise foi. Dont ni parker, ni les journalistes ne sortent grandis. S’il est juste d’honorer le joueur comme il se doit tant ses performances sont respectables, rien ne justifie de ne pas accorder à la concurrence la considération qu’elle mérite.

 

    La légitimité de Tony Parker au plus haut niveau n’est plus à démontrer. La surmédiatisation qu’il affectionne en dehors des parquets lui assure une visibilité largement suffisante auprès du grand public. Il est temps pour la presse sportive de faire son travail correctement. Puisse-t-elle profiter du All-Star Game pour donner libre cours une dernière fois à son habituelle campagne promotionnelle. Et pour offrir ensuite, enfin, des informations pertinentes à ses nombreux lecteurs. Et s’il faut, à l’occasion, dénoncer une mauvaise performance de notre All-Star, qu’il en soit ainsi.

[03 février 2007]

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