Kobe Bryant a brillé, LeBron James a forcé, Shaquille O’Neal a dansé. Et Tony Parker ? Il a joué, tout simplement. Et a participé à la large victoire de la Conférence Ouest sur sa rivale de l’Est dans un match fleuve et peu disputé. Marquée par de nombreuses absences, dont celle de Steve Nash, l’édition 2007 du All-Star Game NBA ne restera pas dans les annales.
285 points marqués. 257 tirs tentés. 114 rebonds. 51 passes décisives. 37 ballons perdus. 15 694 spectateurs. Des dizaines de millions de téléspectateurs. On pourrait continuer cette orgie de chiffres en détaillant le nombre de hot dogs vendus ou la quantité de soda consommée. Mais dans le contexte du All-Star Game, une chose est impossible à quantifier : la qualité du jeu produit. Heureusement pour la NBA, aucune statistique ne permet de mesurer le manque d’intérêt d’un match où défense et jeu construit n’ont pas droit de cité.
Marqué par de nombreuses absences, le casting avait fière allure. Aux côtés de Bryant, Tim Duncan, Tracy McGrady, Dirk Nowitzki. En face, Dwyane Wade, Vince Carter, Shaquille O’Neal. Steve Nash, Yao Ming, ou Allen Iverson blessés, ce sont de nouvelles têtes qui sont apparues sur la plus prestigieuse scène du basket mondial. Josh Howard. Carmelo Anthony. Joe Johnson. Des étoiles montantes amenées à devenir des habitués.
Les joueurs ont au moins eu le mérite de ne pas désigner leur propre MVP. Contrairement à l’année passée, où Kobe Bryant et toute l’équipe de l’Ouest avaient tout mis en oeuvre pour faire briller Tracy McGrady devant son public de Houston – pour finalement voir l’Est l’emporter et LeBron James être désigné MVP ! – les 24 joueurs sélectionnés ont offert au public un récital général de dunks et autres alley-oops. Probablement désireux de remporter le titre de meilleur joueur de la partie pour la deuxième année consécutive, ce même James, arborant pour l’occasion un modèle spécial de ses chaussures, a tenté de forcer le destintout au long de la partie. Si sa feuille de stats n’a rien à envier à celle de Kobe Bryant, récipiendaire du trophée pour la seconde fois, James a laissé une impression individualiste désagréable. Et n’avait aucune chance, tant l’effectif de l’Ouest dominait en taille et en talent celui de sa consoeur.
Ecrasés par la puissance d’Amaré Stoudemire, sorti vainqueur de son duel en altitude avec Diwght Howard, les joueurs de l’Est ont été toute la partie à … l’Ouest ! Vingt points de retard à mi-parcours. Trente-et-un après trois périodes. Au final, une défaite sans appel, 153-132. Certains regretteront des éditions récentes décidées sur le fil. Mais ce serait oublier un peu vite que ces précédents All-Star Game avaient présenté la même pauvreté de jeu dans l’ensemble, n’étant sauvés que par un final disputé. Pas de rush final en 2007. Question dramaturgie, on repassera. Dommage, tout de même, que le match n’ait pas offert à sa sulfureuse ville hôte un spectacle haletant. On se contentera donc du festival de Kobe Bryant, soliste sur-surdoué des Lakers, étoile taillée pour Vegas. Couronné Roi d’un événement aussi surfait et étincelant que la capitale du désert…
[19 février 2007]